Aménagement du territoire et développement économique

Notre objectif premier sera de rompre avec le schéma actuel, dont les priorités sont peu lisibles. Il nous faut construire une stratégie économique radicalement nouvelle, en partenariat étroit avec le monde entrepreneurial. Il s’agira de concentrer nos moyens sur une spécialisation, celle des filières d’excellence, là où la Corse dispose d’atouts exceptionnels. Au cours de la première année de mandat, un Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation sera initié en ce sens.

Un document stratégique

L’élaboration de ce Schéma sera guidée par les 3 principes suivants :


Mobiliser des financements de la Collectivité de Corse sur :

  • les filières exportatrices et innovantes qui nécessitent une mobilisation importante de financements publics : aéronautique, agroalimentaire, énergies renouvelables. Dans ces secteurs d’activités, la CdC pourrait bénéficier d’une délégation de compétence des EPCI, afin d'agir en matière d’immobilier d’entreprise et ainsi de disposer de tous les outils nécessaires à l’accompagnement des projets à forte valeur ajoutée, notamment industriels ;

  • la promotion de l’innovation ;

  • l'internationalisation des entreprises ;

  • les aménagements numériques.


Déléguer aux EPCI la mise en œuvre d’actions relevant de l’économie de proximité :

  • commerce et artisanat ;

  • emploi ;

  • économie circulaire ;

  • activités de pleines natures ;

  • économie sociale et solidaire.

Cette articulation reposera :

  • sur la possibilité, pour les EPCI volontaires, de bénéficier d’une délégation de compétence en matière d’octroi des aides aux entreprises ;

  • sur l’affectation d’une dotation dédiée à chaque EPCI, négociée dans un cadre contractuel pluriannuel.

Permettre aux EPCI volontaires, en fonction de leurs orientations stratégiques et de leurs moyens, d’exercer des compétences partagées en matière :

  • d'usages numériques ;

  • d'attractivité du territoire ;

  • de tourisme ;

  • d'agricultures.

Doter le Conseil Exécutif d’une structure administrative capable d’alimenter une vision stratégique du développement économique :

Cette structure aura pour vocation :

  • d’assurer la conduite des études sectorielles ou transversales ;

  • de développer les outils de veille et d’analyse ;

  • de conduire des analyses prospectives ;

  • de centraliser l’ensemble de ces informations ;

  • d’éclairer les prises de décision des élus.

Elle permettra ainsi d’appuyer la rédaction de documents (aujourd’hui confiée pour la plupart du temps en intégralité à des cabinets de consultants) tels que le PADD du PADDUC ou les différents documents de programmation de fonds européens (Feder, FSE, etc,…).

Elle pourra également être chargée de l’évaluation des politiques publiques.

Transport aérien

La particularité du marché corse est caractérisée par une très faible part de voyageurs d’affaires et par un marché touristique correspondant pour plus des 2/3 du trafic total. Il repose sur le modèle du service public français : égalité dans l’accès aux transports, prix fixe, différenciation tarifaire selon des segmentations sociales (jeunes, étudiants, personnes âgées…) mais également, un minimum de vol par jour en hiver et l’accompagnement du flux touristique d’été. Par cette organisation réglementaire et financière, les gouvernements successifs ont voulu répondre à deux objectifs : faciliter le déplacement des insulaires tout au long de l’année à des tarifs accessibles et développer l’industrie touristique, en suivant les variations de production entre l’hiver et la haute saison estivale.


Nos actions envisagées :

  • Air Corsica : atteindre la stabilité économique et financière et maintenir les emplois ;

  • Optimiser la politique de développement à l’international : nous proposons, notamment, de faire d’Air Corsica un outil de développement hors saison vers l’Italie, l’Allemagne… reprenant ainsi des propositions déjà émises mais en les concrétisant ;

  • Valoriser et développer les aéroports de Figari et de Calvi ; la desserte de Paris-Figari, entre autres, doit être accentuée en hiver. En effet, cette ligne connaît une croissance permanente et demeure très prometteuse. Elle est également sous-dimensionnée en été par son cahier des charges.

  • Participer, si nécessaire, à la recapitalisation d’Air Corsica suite à la crise sanitaire.


Le Maritime

Sur ce sujet, des principes intangibles guideront notre action :

  • Promouvoir une desserte maritime qui permet sa régularité et sa fiabilité ;

  • Mettre en œuvre rapidement la transition énergétique des navires ;

  • Placer au centre de nos objectifs la création d’emplois locaux ;

  • Maintenir une part équilibrée entre le service public et le marché libre.

Le service public assure l'acheminement du fret, la desserte de tous les ports et l'assurance pour une partie de la population de pouvoir rejoindre Marseille toute l'année (étudiants - personnes malades - voyages professionnels...). L'offre de marché libre de passagers (la plus importante) est essentiellement destinée à l'offre touristique et constitue une offre hivernale de fret complémentaire.


Les ports

  • Il faut impérativement un nouveau port pour Bastia, qui est le premier port de Corse et qui présente des contraintes sécuritaires trop importantes.

  • Il est également primordial d’électrifier nos ports. En effet, quand les bateaux sont à quais en centre-ville, ils consomment de l'énergie pour leurs opérations de vie et de maintenance et émettent des fumées insupportables. La CdC doit accompagner la Chambre de commerce et d'industrie dans l'atteinte de cet objectif.

Le réseau routier


Notre priorité sera de réaliser un schéma directeur des voiries.

Après une analyse de l’état des lieux, il est nécessaire de classer et de hiérarchiser le réseau sur la base de l’intérêt régional et de l’intérêt des liaisons intercommunales, puis de mettre en œuvre un plan d’actions rapide. En ce qui concerne les voiries internes aux intercommunalités, notre vision de la gouvernance se traduit dans le cadre d’une décentralisation, par la signature de contrats avec les EPCI, permettant une gestion directe de ces problématiques, au plus près du terrain. Au-delà des priorités qui seront définies à l’échelle régionale, intégrant les questions des accès aux ports et aéroports, les notions de zones touristiques très fréquentées, des accès aux chefs lieux, des routes interdépartementales et des points noirs nécessitant des déviations concertées avec les élus locaux, une attention particulière devra être portée à l’organisation territoriale dont dépend l'efficacité de l’entretien courant du réseau routier.


Tourisme


Il faut revenir au sens premier de l’économie du tourisme, celui d’un outil de production créateur de richesses, le premier en Corse. Notre modèle est aux antipodes de ce que l’on qualifie de “tourisme de masse”. Il est familial, identitaire et doit être accompagné pour irriguer toute notre économie productive. La principale lacune du tourisme corse est son faible effet de levier sur les autres secteurs. C’est pourquoi, il nous faut mettre l’accent, d’une part, sur l’agritourisme et d’autre part sur l’artisanat et les métiers d’art. L’offre en milieu rural prend tout son sens et répond à une stratégie globale de promotion de la destination. Il est également indispensable de développer une offre de “slow tourisme”, plus adaptée aux exigences environnementales. Le tourisme doit être envisagé comme une économie capable de développer des offres locales innovantes et respectueuses des territoires, tout en misant sur le professionnalisme des acteurs. Le PADDUC, dans sa dimension d’aménagement, doit être un outil fondamental pour endiguer la spéculation immobilière, sans pour autant hypothéquer les perspectives de développement d’une offre touristique durable et raisonnée.


Nos propositions :

  • Le Padduc comme vecteur de développement touristique

« Un tourisme durable fondé sur l’identité, largement réparti sur l’année et sur les territoires (...) aucune autre activité économique que le tourisme n’a autant intérêt à préserver la qualité de l’environnement… la Corse a donc besoin de structurer l’offre et de coordonner les actions en faveur d’une économie durable. »

Tels sont les mots du PADDUC dans sa philosophie et qui méritent que l’on y attache une politique publique du tourisme ambitieuse et capable de préserver ce modèle familial unique. Si le tourisme est parfois considéré comme non maîtrisé, c’est dès lors qu’on l’assimile à sa propre dérive : la spéculation immobilière et l’expansion anarchique des résidences secondaires. Cette dérive est planétaire, toutes les destinations touristiques y sont confrontées, c’est la rançon de l’attractivité des territoires les plus prisés par le tourisme. Le PADDUC doit-être l’outil fondamental pour endiguer cette dérive, sans pour autant hypothéquer les perspectives de développement d’une offre touristique durable et raisonnée. La polarisation du tourisme sur le littoral a généré par le passé des formes d’urbanisation médiocres, que ce soit en raison du mitage de certains espaces, qu’en raison d’une absence de choix architecturaux cohérents et d’intégrations aux sites. La prolifération des résidences secondaires a généré une hypertrophie du secteur non-marchand, non régulé, et pose des problèmes graves d'équipements et de soutenabilité de certains territoires.Le PADDUC, au sommet de la hiérarchie des documents d’urbanisme et d’aménagement, doit permettre à la Corse de ne plus être soumise à ce phénomène. La problématique de l’hébergement non-marchand doit faire l’objet d’un encadrement par l’urbanisme en déterminant des seuils d’acceptabilité ainsi que d’un encadrement administratif et fiscal.


  • Créer un fonds dédié pour soutenir les communes dans leurs projets de réhabilitation du bâti ancien

L’objectif est de miser sur le rééquilibrage des territoires et de valoriser un patrimoine régional à forte valeur patrimoniale et touristique. En partenariat avec les communes, la CdC, en lien avec l’ODARC et ATC, rachèteront des biens de types couvents ou châteaux et les réhabiliteront en proposant une offre agritouristique, avec un cahier des charges qui mettra en avant les productions locales. Cette idée peut se concrétiser dans le cadre de partenariats publics/privés.


  • Élaborer un plan golfique, vecteur d’étalement de saison, avec une gestion maîtrisée de l’eau

Le golf a un double avantage :

- il offre de réelles possibilités d’étalement de saison (notamment pour le secteur hôtelier existant) en visant des marchés émetteurs internationaux ;

- il permet de maîtriser l'aménagement, car il peut être conçu comme une coupure à l’urbanisation, notamment dans les entrées de ville.


  • Augmenter le nombre de lignes aériennes internationales

L’Europe a assoupli ses critères pour les territoires comme le nôtre, où le marché aérien a besoin d’une politique publique forte pour se développer. Nous pouvons donc envisager la création d’un fonds régional qui viendrait financer des appels d’offre européens et donc développer certaines lignes. L’objectif affiché d’une économie touristique « largement répartie sur l’année et sur les territoires » amène la destination Corse à résoudre une double problématique : celle de l’accessibilité de la Corse toute l’année et celle de la structuration d’une offre de produit attractive en toutes périodes. Cela passe par une baisse du tarif des transports et une stratégie de communication influente autour de cette mesure. Les dessertes aériennes et maritimes doivent être complémentaires et permettre chacune de façon différente de travailler sur des clientèles constituant des cibles, pour une attractivité hors-saison.


  • Développer l’image de la Corse sur Internet afin d’attirer une clientèle de niches, grâce à une stratégie de promotion pérenne, qui mise sur nos filières d’excellence

Il nous faut notamment mettre l’accent sur l’agritourisme et rendre complémentaires l’offre touristique et la production agricole. L’économie circulaire permet un cercle vertueux qui offre la possibilité aux acteurs locaux d’écouler leur production locale par l’apport de nouvelles clientèles désireuses de vivre un voyage authentique. A ce titre, les pistes de développement dépassent la seule sphère agricole pour toucher à l’artisanat et aux métiers d’art. L’offre en milieu rural prend tout son sens et répond à une stratégie globale du marketing de la destination. De même, structurer nos chemins de randonnée et implanter des « stations trail » permettront de générer et de commercialiser des séjours touristiques avec des retombées économiques importantes sur plusieurs marchés.

  • Proposer un statut professionnel adapté aux personnels saisonniers avec des périodes de formation pendant la basse-saison et engager une véritable réflexion sur leur hébergement


  • Financer par un crédit d’impôt de 50 % sur sept ans la nécessaire restructuration des établissements hôteliers


  • Retrouver une ambition en matière de nautisme et de plaisance

Il s’agit de développer des infrastructures en y intégrant des équipements, des services et des emplois innovants qui favorisent la biodiversité et la protection du milieu marin. Des investissements tels que des bouées connectées, des robots de gestion des déchets, des infrastructures de sensibilisation pour nos jeunes générations (ex : Maison de la mer) implantées sur place et fonctionnant toute l’année doivent être envisagées. Le développement du tourisme de demain doit impérativement conjuguer croissance bleue et croissance verte, respectueuses des espaces, des écosystèmes, ainsi que des populations pérennes et touristiques. C’est un levier de promotion à forte valeur ajoutée pour notre territoire.


  • Encourager les EPCI à déployer des dispositifs de régulation des locations de meublés de tourisme.

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